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Bâtiment et Travaux Publics en crise, il faut approfondir les causes.

Écrit par Administrateur le . Publié dans Emploi

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Déclaration de l'Exécutif Départemental du PCF en Vendée : Les professionnels du Bâtiment et des Travaux Publics ont fait, jeudi 20 novembre, une démonstration de force. Nous partageons leur colère face à la réduction des dotations de l’Etat vers les Collectivités locales, réduction engagée depuis désormais une dizaine d’années mais qui prend cette année une tournure qui s’annonce d’ores et déjà fatale à la réalisation d’équipements publics, pourtant programmés, dans de nombreuses communes vendéennes. Mais la manifestation est passée à côté de 2 autres réalités..........

Nous partageons aussi leur aspiration à ce que les services de l’Etat aident plutôt que ne sévissent. Mais, il y a trop de dérapages, tout particulièrement dans cette profession : recours au travail illégal, développement de la précarité, règles de sécurité pas toujours respectées, conditions de travail, d’hébergement sur les chantiers souvent pas « clean »…Tous les chefs de ces entreprises ne sont pas à mettre dans le « même sac », mais il suffit que quelques uns prennent de la liberté avec le Code du travail pour que toute la profession en pâtisse.

La manifestation d’hier est passée, cependant, à coté de deux autres réalités. Les patrons ne voudraient-ils pas en parler ?

La première, c’est l’omniprésence des Majors du BTP, sur les marchés publics. Ils font du dumping, raflent les marchés à la barbe des petits et moyens entrepreneurs et ensuite leur sous-traitent ces marchés à des conditions intolérables. Eiffage, Bouygues, Vinci sont les principaux visés. Quand à nous dire que la construction de l’hypothétique A 831, donnerait de l’emploi, c’est plutôt se moquer du monde. Le marché, mais il n’y a que très peu de chances qu’il s’ouvre, ira lui aussi vers ces Majors. A noter aussi que ces Majors, tel Eiffage, ont entrepris depuis plusieurs années des OPA, sur nombre des entreprises de ce secteur qui sont alors passées sous leur coupe.

La seconde de ces réalités, c’est le coût des Banques. De nombreux chefs d’entreprise (Petites et Moyennes Entreprises et Entreprises de Taille Intermédiaire) se plaignent des frais financiers, du coût du crédit, de leurs difficultés à obtenir des prêts avantageux. C’est vrai, comme vient de le démontrer un excellent rapport établi par l’ONG « ccfd-terre solidaire », que les banques, loin de se retirer des paradis fiscaux, en sont devenues les premières utilisatrices. BNP-Paribas, Société Générale, Crédit Agricole et Crédit Mutuel « virent en tête » pour l’implantation de filiales dans les paradis fiscaux. 54% des filiales du Crédit Mutuel seraient actuellement installées dans ces « paradis ». Ce sont précisément ces banques qui s’affichent comme « partenaires » du BTP. Banques qui ne font pas non plus de cadeaux aux ménages qui pourraient investir pour améliorer leurs conditions de vie, pour limiter la facture énergétique.

Les professionnels du Bâtiment ont des chantiers devant eux. S’ils s’y engagent, ils auront notre soutien. Quels sont ces chantiers ?

Soutien au pouvoir d’achat de leurs salariés.

Véritable effort de formation professionnelle.

Respect du Code du travail pour tous leurs salariés.

Stop à l’austérité budgétaire pour nos communes, action près des parlementaires de la Vendée. Le budget sera adopté en seconde lecture en décembre. Pas de temps à perdre pour le faire évoluer.

Stop aux pratiques douteuses des Majors et transparence sur les marchés publics.

Stop aux pratiques éhontées des banques et création d’un fond public financier pour soutenir les investissements ;

Lancement d’un vaste programme de transition écologique.

« Quand le bâtiment va, tout va ! », dit le dicton. Et bien il est urgent pour toutes et tous de se dégager de toutes ces politiques libérales, de remettre de l’ordre dans les marchés publics et d’obliger les banques à remplir leur mission de service public avant de penser à aller spéculer sur les places financières. 

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